Tout bateau de voyage doit se barrer seul

Après cinquante ans de croisière à voile
sans tenir la barre de son bateau
Yves Gélinas est passé maître
dans l’art de conserver un cap.

Yves Gélinas achète son premier bateau en 1967 et pour naviguer seul dans le golfe Saint-Laurent, construit un appareil inspiré du « servo-pendulum » imaginé quelques années plus tôt par Blondie Hasler, qui utilise l’eau filant contre la coque pour agir sur le safran et conserver l’allure.

En 1973, il fait l’acquisition d’un second bateau et l’équipe d’un un safran auxiliaire qui conserve l’allure, celui du bateau demeurant bloqué.  Il navigue vers les Antilles, effectue quelques allers et retour entre la côte et les Îles, traverse l’Atlantique en 1977, hiverne en Bretagne, navigue vers la Suède.

De retour en Bretagne, il dessine un régulateur d’allure définitif en vue d’un voyage en solo vers les grands caps de l’océan austral.  Il a constaté l’impuissance d’un safran auxiliaire dans le gros temps et appris que seul celui du bateau tiendra le cap en toutes circonstances.

En 1981, il quitte Saint-Malo, en route vers Gaspé, au Québec, par l’autre côté de la terre, via l’océan austral ; vire Bonne-Espérance et le cap Leeuwin, mais est chaviré et démâté dans le Pacifique et relâche aux Iles Chatham sous gréement de fortune.  Il répare son mât, remâte, vire le cap Horn et atterrit à Gaspé après 28 200 milles.  En 282 jours de mer, il n’a pas barré une heure.

Yves Gélinas soutient que tout bateau de voyage peut se barrer seul et en 1989, lance CapHorn pour en faire la preuve.  Il conçoit de nouveaux modèles pour différents types d’arrière ou d’appareil à gouverner.  Vingt-cinq ans plus tard, CapHorn barre plus de 1 500 bateaux.

Il recherche avec le propriétaire de chaque bateau le moyen le plus élégant de lui permettre de se barrer tout seul.  Pour un bateau de série, il suffit souvent de consulter la base de données, la solution est déjà trouvée ; il arrive toutefois – de moins en moins souvent – qu’il doive inventer un nouveau modèle.  Chaque CapHorn est bâti sur mesure pour s’adapter parfaitement à chaque bateau et le barrer impeccablement.

 

Deux bateaux dans le petit temps, voiles en ciseau, sans tangon sur le génois

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